Je suis passé devant une école primaire, dans la capitale algérienne, le 20 février 2008, tout d’un coup, un fait a frappé mon esprit. Une foule de personnes, etait entassée à coté d’une battisse, très ancienne.
On passant très près de cette battisse, une école primaire, j’ai constaté plusieurs parents attendent leurs enfants devant le portail de l’établissement, jouxtant une route.
Jusque ici, tout est normal.
Cependant, ce qui n’est pas du tout naturel, c’est leur nombre. Pourquoi tant de parent devant les écoles Algériennes ? Les élèves, sèchent-ils les cours d’une manière trop exagérée ? Non ! Ce n’est pas le cas. C’est pire que cela !
Les mères et les pères ont peur, dans leurs ventres, sur leur progéniture. Le phénomène de kidnappings des petits enfants ces dernières années en Algérie est devenu l’amère actualité des citoyens.
Un autre drame s’ajoute à une liste déjà très longue. Une sorte du « terrorisme », mais autrement. Il pourra être considéré comme la troisième machine à torturer, à voler, à violer, et parfois même, à tuer. Oui! On continu, malheureusement, à creuser de nouvelles tombes, cette fois-ci pour les petits innocents !
Elle s’entasseront à cotés des milliers des assassinats de citoyens par des des terroristes : des criminels sans foi ni loi. Plus de 200 000 morts depuis 1990. Vient enuite, celles des accidents de la route (plus de quatre milles personnes par an).
Selon des statistiques officielles, très approximatives, de la police algérienne, 41 enfants ont été kidnappés durant les quatre premiers mois de l'année 2007. Selon ces mêmes données, 841 enfants, âgés de 4 à 16 ans, ont disparu depuis 2001 à travers tout le pays.
La disparition de petit Yacine Bouchelouh, âgé de 4 ans, disparu le 2 mai 2007 et retrouvé mort, à 200 mètres du domicile de ses parents à Bordj-El-Kifane, à l'est d'Alger, a ravivé le cauchemar des disparitions des algériens au milieu des années 1990. Selon les proches de cet enfant, il avait été kidnappé à l'intérieur de la maison familiale. Quelle violence !
Un autre enfant a été retrouvé malheureusement, le mardi 3 octobre 2006, dans la commune de Bouzaréah, sur les hauteurs de la capitale algérienne, amputé des deux reins et du cœur. Mêmes les organes des êtres humains commencent à se vendre ! Quelle horreur !
Un énième enfant âgé de quatre ans, enlevait le mois de janvier dernier au niveau du marché couvert de la nouvelle ville Massinissa, dans la wilaya de Constantine, a été retrouvé mort, le corps gisant à l’entrée de la cage de l’immeuble où résident ses parents.
Les chiffres officiels ne cessent d’augmenter depuis l'an 2000. Durant cette année il y a eu 28 cas d'enlèvement pour un seul mois. En 2002, 117 enfants ont été kidnappés, dont 71 filles. En 2004, 168 d’écoliers ont été disparus. La police algérienne a déjà enregistré 41 enlèvements d'enfants au cours des quatre premiers mois de cette année.
108 mineurs ont été victimes d'enlèvement, a indiqué, récemment, la direction générale de la gendarmerie nationale dans le bilan de l’année dernière. Les victimes d'enlèvement sont en majorité de sexe féminin avec 75 cas, sachant que le total des cas d'enlèvement a diminué par rapport à l'année 2006 où l'on recense l'enlèvement de 144 mineurs, selon la même source.
L'année 2007 a enregistré 312 cas de viol de mineurs, un nombre en hausse par rapport à l'année 2006 où 229 cas de viol de mineurs ont été enregistrés, alors que les tentatives de viol contre mineurs sont de 383 cas, contre 388 en 2006. 841 enfants disparus depuis 2001, 25 ont été assassinés, d’une manière abominable, en 2007.
La plupart des cas de disparition et d’assassinats d'enfants ont été enregistrés dans les grandes villes, avec une plus grande concentration de victimes à Tizi Ouzou, Alger, Oran, et Annaba.
La question qui mérite d’être posée c’est : à qui la faute ? Pourquoi cette barbarie ?
Sommes nous obligés de revenir des siècles en arrières pour revivre les massacres des humains, et tirer des leçons nécessaires pour les éviter dans l’avenir ?
En lisant la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, j’étais surpris, de savoir que le transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe est un acte de génocide !!
Oui, je partage parfaitement, L'article 2 de cette convention, adoptée par l'assemblée générale des Nations unies, le 9 décembre 1948, qui affirme que :
« Dans la présente Convention, le génocide s'entend de l'un quelconque des actes ci-après commis dans l'intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l'intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d'existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d'enfants du groupe à un autre groupe. »
Cette définition a été reprise dans l'article 6 du Statut de Rome (17 juillet 1998), qui est l'acte fondateur de la Cour pénale internationale.
Les enfants sont devenus des proies très faciles, devant les griffes de cette catégorie de la société que je pourrai qualifié d’un "cas social". C’est comme, par exemple, des cancéreux ou des sidéens dans les hôpitaux.
Protégeons nos enfants. Et ce, par, une meilleur prise en charge de la jeunesse, qui se trouvent dans les rues sans aucun avenir. Ces « délinquants », peuvent être considérés comme des cas maladifs, à prendre en charge. Sinon comment expliquer leurs macabres actions. Un mal ne peut être remédier que par une politique de prévention, en offrant les moyens à toutes les structures qui vont contenir ces fléaux : l’école, les medias, les services de santé. Aussi, avec la création des postes d’emplois, des centres culturels, des sales de cinémas et de théâtres, organiser des compagnes de sensibilisation, aider la société civile pour amortir, au moins, les chocs, etc. En un mot, créer un climat favorable, où il n y aura pas de place pour l’oisiveté, qui est la mère de tout les maux.
Sans cela, les mêmes causes, provoquent les mêmes effets ?
Saïd KEBIR
Kebir_said@yahoo.fr
1 commentaire:
Voici le commentaire de mon amie : Marie Sophie Villeneuve, Montreal, Canada.
Bonjour Kebir!
J'espère que tu vas bien. Ton blog est bien intéressant!
À propos des enlèvements d'enfants en Algérie, merci de nous informer sur une violation très grave de droits humains!
Si tu me permets toutefois, même si du point de vue "indignation" l'on peut crier au génocide, cela n'est pas possible au regard du droit. Le terme "génocide" ne s'applique que dans des cas de groupes ethniques ou culturels bien identifiés (groupe national dans le sens de nation, et non dans son sens sociologique synonyme de groupe social).
C'est ainsi que par exemple dans le cas des enlèvements et des meurtres de femmes à Ciudad Juarez au Mexique, les organisations ont défini un féminicide.
Cependant, si il y a une quelconque organisation derrière ou qui profite de ces enlèvements, ces viols et ces meurtres d'enfants, l'article 7 des Statuts de la CPI sur les crimes contre l'humanité est tout à fait désigné!
Pour ce qui est des transferts d'enfants dans le contexte du crime de génocide, il s'agit des kidnapping consistant à prendre les enfants d'une communauté culturelle ou ethnique en particulier et à les transférer dans une autre communauté culturelle ou ethnique, toujours dans le but - nuance très importante par rapport aux autres types de kidnapping - de détruire en tout ou en partie la dite communauté.
Je te donnais simplement le point de vue du droit - si tu souhaite utiliser l'outil du droit, il est important de bien maîtriser les définitions. Advenant par exemple qu'un organisme décide de se tourner vers l'action juridique pour faire cesser ces crimes et traduire en juste les responsables, cela ne pourra jamais être fait sur la base d'accusations de génocide. Regarde aux sources étymologiques du terme "génocide" pour bien comprendre.
Le groupe dont il est question dans la définition de génocide est ethnique, culturel, religieux, et non une catégorie sexuelle (homme, femme), d'âge ou de condition sociale.
En revanche les caractéristiques que tu décris par rapport aux enlèvements d'enfants me donne à penser que nous sommes peut être en présence d'un crime contre l'humanité!
Le choix des mots et des outils (quels traités, constitutions, textes de loi) pour baser une action en justice dans un contexte de violations de droits humains est extrêmement important pour l'issue finale du cas.
C'est la juriste en moi qui parle!
J'ai aussi adoré ton article sur les travailleurs migrants chinois qui se rendent en Algérie!
Continue ton beau travail d'informations, de discussions et de réflexions!
Et prends soin de toi :)
Marie Sophie Villeneuve.
Enregistrer un commentaire